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Quatuor à cordes n°11, opus 153 - Nicolas Bacri

«Quartetto serioso in omaggio a Beethoven»

26,38 €
mode d'édition (version PDF réservée aux particuliers) :
K223part
Description du produit

Commande du Festival de Pâques d'Aix-en-Provence


Preludio e Fuga No. 1 : Allegro brioso – L'istesso tempo, con rabbia
Preludio e Fuga No. 2 : Adagio lamentoso – Andante appassionato


A David Hackbridge Johnson et au Quatuor Voce


Première audition, Portrait de N. Bacri, Festival de Pâques d'Aix-en-Provence,
Conservatoire Darius Milhaud, 8 avril 2020
Quatuor Voce

 

Mon Onzième Quatuor à cordes a été écrit entre décembre 2019 et février 2020 à Bruxelles. C’est le troisième quatuor, avec les Nos. 8 et 10, écrit pour les artistes du Quatuor Voce avec lesquels j’ai eu la chance de débuter une collaboration lors du Concours International de Bordeaux 2007 où ils obtinrent ex-aequo avec le Quatuor Atrium le prix de la meilleure interprétation de l’oeuvre imposée (mon Septième Quatuor, Variations sérieuses) et qui se poursuivit avec la commande de Pro Quartet du Huitième Quatuor (à la mémoire de Haydn, en 2009) et du Festival des Forêts et de Pro Quartet en 2018 du Dixième Quatuor dédié aux Voce et à Bernard Fournier, grand connaisseur de Beethoven. L’hommage à Beethoven dont pratiquement toute ma musique est implicitement tributaire, ne s’exprime pas seulement, ici, avec l’emprunt du sous-titre du Onzième Quatuor du maître de Bonn.


En italien serio signifie sérieux et serioso, sévère ou pédant. Ces deux derniers adjectifs n’ont a priori rien à voir mais se rejoignent pourtant très bien pour ce qui concerne la musique. En effet le style sévère est l’autre nom du style contrapuntique qui trouve son aboutissement dans la Fugue. Or, il se trouve que la fugue est la première forme à laquelle, traditionnellement, l’apprenti musicien devait faire face, qu’il choisisse la voie du compositeur ou de l’interprète (et jusqu’à 1950 il n’était pas rare qu’il soit l’un et l’autre). C’est donc une forme qui appartenait au corpus du savoir de tout musicien et par conséquent il est compréhensible que son déploiement soit perçu comme un étalage de connaissances d’où sa connotation académique, sévère, pédante. D’où aussi sa mauvaise réputation qui ne date pas d’hier et ce, malgré la redécouverte des chefs-d’oeuvre de Bach à la fin du XIXème Siècle. Beethoven, qui connaissait par coeur le Clavier bien tempéré, a d’abord pratiqué la fugue comme élève puis l’abandonna pour la redécouvrir dans le dernier tiers de son parcours et lui donner un couronnement magistral avec La Grande Fugue. J’ai rendu hommage à cet aboutissement prométhéen avec mon Quatuor No. 4 op. 42 « Omaggio a Beethoven » (dédié au Quatuor Lindsay) entre 1989 et 1995. Je rends aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, hommage aux débuts de cette redécouverte du style sévère par Beethoven, saisissant l’occasion offerte par la coïncidence de la numérotation de nos Quatuors respectifs (le Quartetto Serioso de Beethoven est son Onzième) et de l’année Beethoven.


Mon Quatuor No. 11 commence d’ailleurs par la même indication de tempo que celui de Beethoven, Allegro brioso et par quatre double-croches (Fa-Sol-Lab-Sol) formant le début de l’incise du premier thème de l’opus beethovénien, mais la référence s’arrête là. On ne trouvera pas d’autre allusion aux gestes provenant du quatuor de Beethoven. Cependant on trouvera ce que Beethoven n’aurait pu oser à une époque où la musique de Bach était reléguée à l’apprentissage des jeunes musiciens (les Préludes et fugues, donc mais aussi les Suites pour violoncelle seul qui semblent avoir été éditées pour la première fois au début des années 1860 sous le titre d’Etudes) : un Quatuor à cordes constitué en tout et pour tout de deux Préludes et Fugues. Impensable à l’époque de Beethoven, prise entre l’époque classique qui avait mis le contrepoint en veilleuse (Mozart ne découvrira Bach qu’à la toute fin de sa courte vie et lui rendra hommage par des fugues éblouissantes qui ne firent cependant pas école) et la nouvelle ère romantique qui entendait bien mettre l’affect au centre de ses préoccupations, il m’a paru que notre époque, malgré son orthodoxie moderniste, certes moribonde mais régnant encore plus ou moins dans les institutions, pouvait être le témoin d’une telle expérience.


Cette oeuvre, cependant, ne consiste pas à présenter à l’auditeur deux préludes et fugues tels qu’ils auraient pu s’offrir dans un recueil de Bach. J’ai cherché, contrairement aux compositeurs de l’époque baroque, à créer une forme se rapprochant plutôt du profil type classico-romantique qui fit du premier mouvement vif, du deuxième mouvement lent et du Final modéré (ou rapide), l’idéal d’un équilibre formel de nombreuses fois tenté depuis C.P.E. Bach. Une forme qui donne une impression de Triptyque, donc, alors qu’elle obéit ici à une logique tétralogique, puisque deux préludes et deux fugues forment bien quatre « panneaux » d’écriture et non trois. J’ai pour cela donné au premier Prélude et Fugue une allure synthétique d’Allegro où prélude et fugue s’enchainent, présentant une musique de même caractère, d’une durée d’environ trois minutes. Puis j’ai composé un mouvement lent d’environ quatre minutes (le second Prélude) s’enchainant à une musique de caractère différent (la seconde fugue) concluant l’oeuvre et d’une durée approximative de cinq minutes.


Comme dans mes oeuvres précédentes on trouve des motifs thématiques se métamorphosant de mouvement en mouvement. Sans rentrer dans les détails, il est important de noter que le sujet de la première fugue (rapide), présenté mesure 44, se transforme, traité en augmentation rythmique dans le mouvement lent, en plainte lyrique (Adagio lamentoso) et forme la base du thème A de la forme ABA (forme Lied) qui constitue ce mouvement. Le contre-sujet de la première fugue, exposé au second violon mesure 47, servira quant à lui de thème B à ce même mouvement lent et deviendra également le sujet de la fugue finale notée Andante appassionato achevant cette oeuvre, que j’ai voulue à la fois tonale et très dissonante, sur un accord de ré majeur.


L’oeuvre est dédiée, outre aux fidèles amis du Quatuor Voce, à David Hackbridge Johnson dont l’oeuvre immense, notamment dans le domaine de la Symphonie, n’a pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller, avec l’espoir qu’il investira le domaine du Quatuor à cordes avec le même enthousiasme que celui dont il a fait déjà preuve dans le domaine symphonique.


Nicolas Bacri, Bruxelles, février 2020

 

Conducteur et partie séparée

Durée : 12'


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