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Quatuor à cordes n°11, opus 153 - Nicolas Bacri

«Quartetto serioso in omaggio a Beethoven»

26,38 €
mode d'édition (version PDF réservée aux particuliers) :
K223part
Description du produit

Commande du Festival de Pâques d'Aix-en-Provence


Preludio e Fuga No. 1 : Allegro brioso – L'istesso tempo, con rabbia
Preludio e Fuga No. 2 : Adagio lamentoso – Andante appassionato – Lentissimo
Preludio e Fuga No. 3 : Non troppo lento – Allegro brioso


A David Hackbridge Johnson

 

Les deux premiers mouvements de mon Onzième Quatuor à cordes ont été écrits entre décembre 2019 et février 2020 à Bruxelles. Le troisième, quant à lui, n’a été écrit que deux ans plus tard, en janvier 2022. Cette oeuvre devait, au départ, être la troisième, avec les Nos. 8 et 10, écrite pour les artistes du Quatuor Voce avec lesquels j’ai eu la chance de débuter une collaboration lors du « Concours International de Bordeaux 2007 » où ils obtinrent ex-aequo avec le Quatuor Atrium le prix de la meilleure interprétation de l’oeuvre imposée (mon Septième Quatuor, Variations sérieuses). Hélas, le concert du Festival de Pâques d’Aix en Provence qui devait être consacré entièrement à ma musique et où le Quatuor Voce devait créer l’oeuvre, fut annulé en raison des mesures sanitaires de mars 2020. Presque deux ans après, en janvier 2022, et toujours sans aucune perspective de programmation, j’eus le sentiment que sa longueur ne correspondait pas à l’importance que je voulais lui donner et décidais d’ajouter un troisième Prélude et fugue, avec une fugue revenant au climat et même à la thématique du premier Prélude.


En italien serio signifie sérieux et serioso, sévère ou pédant. Ces deux derniers adjectifs n’ont a priori rien à voir mais se rejoignent pourtant très bien pour ce qui concerne la musique. En effet le style sévère est l’autre nom du style contrapuntique qui trouve son aboutissement dans la Fugue. Or, il se trouve que la fugue est la première forme à laquelle, traditionnellement, l’apprenti musicien devait faire face, qu’il choisisse la voie du compositeur ou celle de l’interprète (et jusqu’à 1950 il n’était pas rare qu’il soit l’un et l’autre). C’est donc une forme qui appartenait au corpus du savoir de tout musicien; par conséquent il est compréhensible que son déploiement soit perçu comme un pur étalage de connaissances, d’où sa connotation académique, voire sévère ou pédante. D’où aussi sa mauvaise réputation qui ne date pas d’hier et ce, malgré la redécouverte des chefs-d’oeuvre de Bach à la fin du XIXème Siècle.


Beethoven, qui connaissait par coeur le Clavier bien tempéré, a d’abord pratiqué la fugue comme apprenti-compositeur (et pianiste) puis l’abandonna pour la redécouvrir et la transfigurer de façon spectaculaire dans le dernier tiers de sa vie, lui offrant un couronnement magistral avec les fugues des dernières Sonates pour piano et La grande fugue. J’ai rendu hommage à ce dernier aboutissement prométhéen avec mon Quatuor No. 4 op. 42 « Omaggio a Beethoven » (dédié au Quatuor Lindsay) entre 1989 et 1995. Je rends aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, hommage aux débuts de cette redécouverte du style sévère par Beethoven, saisissant l’occasion offerte par la coïncidence de la numérotation de nos Quatuors respectifs (le Quartetto Serioso de du maître de Bonn est son Onzième) et de « l’année Beethoven », 2020, où cette oeuvre aurait dû être créée...


Mon Quatuor No. 11 commence d’ailleurs par la même indication de tempo que celui de Beethoven, Allegro brioso et par les mêmes quatre double-croches (Fa-Sol-Lab-Sol) formant le début de l’incise du premier thème de l’opus beethovénien. Mais la référence s’arrête là. On ne rencontrera pas d’autre allusion aux gestes provenant du quatuor de Beethoven. Cependant on trouvera ce que Beethoven n’aurait pu oser à une époque où la musique de Bach était encore reléguée à l’apprentissage des jeunes musiciens (Les Préludes et fugues, donc, mais aussi les Suites pour violoncelle seul qui semblent avoir été éditées pour la première fois au début des années 1860 sous le titre d’Etudes) : Un Quatuor à cordes constitué en tout et pour tout de trois Préludes et Fugues. Impensable à l’époque de Beethoven, prise entre l’époque classique qui avait mis le contrepoint en veilleuse et la nouvelle ère romantique qui entendait bien mettre l’affect au centre de ses préoccupations, il m’a paru que notre époque pouvait être le témoin d’une telle expérience.


Cette oeuvre, cependant, ne consiste pas à présenter à l’auditeur trois préludes et fugues tels qu’ils auraient pu s’offrir dans un recueil de Bach. J’ai cherché, contrairement aux compositeurs de l’époque baroque, à créer une forme se rapprochant plutôt du profil type classico-romantique qui fit du premier mouvement, vif, du deuxième mouvement, lent et du Finale, modéré (ou rapide), l’archétype d’un équilibre formel de nombreuses fois tenté depuis C.P.E. Bach. Une forme qui donne une impression de Triptyque, donc, avec un premier Prélude et Fugue d’une allure synthétique d’Allegro, où les deux parties s’enchaînent, présentant une musique de même caractère très rapide, d’une durée de moins de trois minutes. Puis j’ai composé un mouvement lent de caractère méditatif d’environ quatre minutes (le second Prélude) donnant suite à une musique plus extravertie et d’un tempo nettement plus allant (la deuxième fugue, Andante appassionato), puis ralentissant de plus en plus jusqu’au Lentissimo conclusif, d’une durée approximative de cinq minutes.


Le Troisième Prélude et Fugue est enchaîné au précédent avec un court Prélude (Non troppo lento) confié aux seuls deux violons, offrant une variation du thème du premier prélude. On assiste ensuite à un retour du caractère de l’Allegro initial (Allegro brioso) avec une fugue rapide et dramatique résumant les motifs les plus importants des deux panneaux précédents (avec notamment, en désinence, et en contre-sujet, l’incise du sujet de la deuxième fugue) et qui, vers la fin, va revenir à ses origines en se fondant avec le retour du Premier Prélude qui prend ici le sens d’une réexposition dans une forme sonate – alors que cette forme est précisément évitée en tant que telle dans cette oeuvre.


Il s’agit donc, comme dans toute ma musique, d’examiner les diverses modalités d’interpénétrations de motifs thématiques se métamorphosant de mouvement en mouvement et participant autant du concept de variations que d’un hyperthématisme relevant, pour moi, du rêve de Schoenberg : « Une musique où tout est thème et tout est développement ». La structure Prélude et Fugue adoptée ici ne fait que nuancer cette posture compositionnelle en lui donnant une perspective esthétique légèrement différente de mes oeuvres précédentes et en en soulignant la dimension contrapuntique jusqu’à l’obsession.


Sans rentrer dans les détails analytiques, il est important de noter que le sujet de la Première Fugue (Allegro brioso), présenté mesure 44, se transforme, traité en augmentation rythmique dans le mouvement lent, en plainte lyrique (Adagio lamentoso) et forme la base du thème A de la forme ABA (forme Lied) qui constitue ce mouvement. Le contre-sujet de la Fugue No. 1, exposé au second violon mesure 47, servira quant à lui de thème B à ce même mouvement lent et deviendra également le sujet de la Fugue No. 2 notée Andante appassionato. Tandis que le Prélude et fugue No. 3 ambitionnera de résumer l’essence thématique de l’oeuvre en revenant principalement au matériau du Premier Prélude, sans ignorer toutefois d’autres éléments comme le sujet de la Fugue No. 2 et terminera l’oeuvre sur un déploiement épique d’un caractère Beethovénien assumé.


L’oeuvre est dédiée à David Hackbridge Johnson dont l’immense production, notamment dans le domaine de la Symphonie, n’a pas fini de nous émerveiller, avec l’espoir qu’il investira le domaine du Quatuor à cordes avec le même enthousiasme que celui dont il a fait déjà preuve dans le domaine symphonique.


Nicolas Bacri, février 2020/février 2022

 

 

Conducteur et parties séparées

2019–20/rév. 22

Durée : 20'

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